HISTOIRE ET PATRIMOINE DE MORSIGLIA
ARTICLES
Yves Stella : VIES ET CHEMINS DE MORSIGLIA DU 18È SIÈCLE À NOS JOURS.
Georges Ravis : POPULATION DE MORSIGLIA.
Jean-Christophe Liccia : HISTOIRE DU COUVENT DE L’ANNUNZIATA DE MORSIGLIA.
Georges Ravis :
L’ÉGLISE PAROISSIALE SAINT-CYPRIEN
LA CONFRÉRIE
TOURS CARRÉES
LE COUVENT DE L’ANNUNZIATA
L’ERMITAGE DE NOTRE DAME DES GRÂCES
FOUR À CHAUX DE NOTRE-DAME DES GRACES
LES MAISONS D’AMÉRICAINS
LES MOULINS
CHAPELLE SAINT-AUGUSTIN
MUTE
LE VIGNOBLE MORSIGLAIS
FRANÇOIS ANTONMARCHI, LE DERNIER MÉDECIN DE NAPOLÉON
JAMES BOSWELL À MORSIGLIA
Nous remercions Georges Ravis Giordani de nous avoir autoriser à utiliser l’ensemble de son recueil « Chjassi di Mursiglia » disponible en mairie de Morsiglia.
VIES ET CHEMINS DE MORSIGLIA DU 18È SIÈCLE À NOS JOURS. Yves Stella
Texte à venir
POPULATION DE MORSIGLIA. Georges Ravis
Texte à venir
HISTOIRE DU COUVENT DE L'ANNUNZIATA DE MORSIGLIA. Jean-Christophe Liccia
Texte à venir.
L’ÉGLISE PAROISSIALE SAINT-CYPRIEN. Georges Ravis
Par sa situation et par sa façade, l’église paroissiale Saint-Cyprien est tout à fait remarquable. Analysant cette façade, dans sa thèse d’histoire de l’art, Le baroque religieux corse, Nicolas Mattei ne boude pas son admiration : « Ici, la science de la composition atteint un niveau bien supérieur à tout ce que l’on peut voir à Bastia ».
Sans entrer dans tous les détails de son analyse, on peut attirer l’attention sur le jeu des quatre pilastres et des deux colonnes qui constituent, de chaque côté, le niveau inférieur : plus ou moins avancés par rapport au mur, ils créent un effet de relief et de courbe. Le regard s’élevant à partir de ces éléments verticaux atteint le second niveau où ne subsistent plus que les colonnes ; de chaque côté, les pilastres du premier niveau sont terminés l’un par un pyramidion, l’autre par une volute qui donne à ce niveau plus de légèreté. Le fronton triangulaire est doublé d’une avancée arrondie qui adoucit l’ensemble. Des niches, en créant des ombres, rompent l’uniformité des murs.
Cette église a été construite dans la foulée du Concile de Trente, dans la première moitié du XVIIe siècle, probablement. Elle est mentionnée dans la visite pastorale de Mgr Marliani en 1646 qui la décrit comme très belle et pourvue de nombreux ornements ; il ne
mentionne que les quatre chapelles les plus proches de l’autel. Elle est transformée vers 1750. La façade est plus tardive ; elle est de style baroque mais d’un baroque sobre, tempéré de néo-classicisme.
Se basant sur la relative étroitesse de la voûte en berceau qui la recouvre, on peut penser qu’elle a été construite à partir d’une première église, de style roman, couverte à l’origine en charpente. Le remplacement de celle-ci par une voûte a nécessité la construction de contreforts puissants. Ces contreforts ont été absorbés dans la construction d’un certain nombre de chapelles latérales au cours de plusieurs
campagnes de construction. Sur le côté droit de la nef on distingue la chapelle du scapulaire, une chapelle dédiée à Saint Etienne, et la dernière dédié à Saint Joseph. Sur le côté gauche, la chapelle du Rosaire, une chapelle dédiée à la Vierge Marie, et la chapelle qui abrite le baptistère. Les adjonctions successives de chapelles n’obéissent pas à un plan unique et donnent à l’ensemble une allure massive, heureusement masquée par l’élégance de la façade.
La chaire, datée de 1696, est signée du nom de l’ébéniste Pellegrini. L’orgue, un des plus anciens existant encore en Corse (1770) est dû au facteur Pietro Pirani.
L’église contient un certain nombre de tableaux intéressants parmi lesquels, dans la chapelle du scapulaire, un tableau de Giuseppe Badaracco, daté de 1642 ; ce tableau, offert par Cristofaro Stella, représente la Vierge remettant son étole scapulaire à Saint Erasme, patron des marins, en présence de Saint Christophe. Un autre tableau représentant Saint Augustin ornait à l’origine la chapelle du même nom. La chapelle du Rosaire abrite un tableau représentant le don du rosaire à saint Dominique en présence de Sainte Julie et Sainte Dévote, patronnes de la Corse. Les prédelles qui représentent les 15 mystères du christianisme ne sont pas ici situées sur les côtés du tableau mais suspendues dans la chapelle. D’autres chapelles ont été édifiées à la demande de familles influentes du village : la chapelle de Saint Etienne contient un tableau mettant en scène Marie et l’enfant couronnés, adorés par Saint Etienne et un moine qui est le donateur, Stefano Caracciolo, supérieur du couvent de Morsiglia au XVIIe siècle. La chapelle dite de Saint Joseph offre un tableau (daté de 1900) de la mort de Saint Joseph, signé de Paul-Mathieu Novellini ; il fut offert par la famille Fantauzzi.
Une légende encore vivante explique la présence de cette église au centre du terroir habité. Les fidèles des hameaux du haut du village voulaient la construire chez eux et y transportaient les pierres ; ceux des hameaux du bas avaient la même volonté et la nuit suivante venaient chercher les pierres pour les ramener en bas ; la nuit suivante ceux d’en haut les ramenaient chez eux ; finalement ils convinrent d’un compromis et construisirent ensemble l’église là où elle se trouve ! Sous une forme allégorique cette légende nous dit que l’emplacement de l’église et l’église elle-même est le résultat du dépassement des conflits entre les hameaux.